Emplois fictifs à Bruxelles : le rapport qui accable Marine Le Pen

Marine Le Pen et Le Front National actualités

Agathe Mercante Le 16/02 à 20:21 

http://www.lesechos.fr/elections/marine-le-pen/0211806748373-emplois-fictifs-a-bruxelles-le-rapport-qui-accable-marine-le-pen-2065580.php#Xtor=AD-6000

+ VIDEO – Des enquêteurs de Mediapart et Marianne se sont procuré un rapport de l’Office européen de lutte antifraude. Faux, usage de faux et emplois supposés fictifs y sont épinglés.

Alors que l’affaire de l’emploi présumé fictif de Penelope Fillon empoisonne la campagne du candidat Les Républicains, Marine Le Pen caracole dans les sondages . Avec 26 % des intentions de votes au Premier tour l’élection présidentielle, elle serait d’emblée qualifiée pour le second tour. Pourtant, la candidate du Front national est elle aussi au coeur d’un scandale d’emplois présumés fictifs .

« Abus de confiance », « faux et usage de faux », « travail dissimulé », « escroquerie en bande organisée »… Les motifs de l’information judiciaire, ouverte le 15 décembre 2016 par le parquet de Paris, concernent des soupçons sur les activités des assistants d’eurodéputés du Front national.

Si les recherches du parquet étaient circoncises aux représentants du parti élus en 2014, un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) en a précipité l’extension à la période 2010-2014, révèle une enquête menée par des journalistes de Marianne et de Médiapart .

Contrats, rémunérations et fonctions de douze assistants

Le rapport, commandé par le Parlement européen en 2014, « passe au peigne fin la situation des douze assistants embauchés successivement par la présidente du FN à Strasbourg sous la précédente et l’actuelle mandature (2009 à 2014 et depuis 2014). Leurs contrats, rémunérations, fonctions », explique Médiapart.

Sur les douze assistants embauchés par Marine Le Pen durant ses deux législatures, deux ont attiré l’attention des enquêteurs de l’Olaf : celle de son actuel chef de la sécurité, Thierry Légier et de son assistante de toujours, Catherine Griset.

Un salaire de 7.237 euros par mois

Embauché une première fois en 2009, pour une durée de 3 mois, Thierry Légier aurait bel et bien travaillé pour elle, à des tâches de secrétariat. Pourtant, comme le pointe Marianne, ce même Thierry Légier était à l’époque encore garde du corps de son père, Jean-Marie Le Pen. Cet emploi, rémunéré 1.600 euros par mois pour un mi-temps, suscite des interrogations au sein de l’Olaf, qui avance : « dans les faits, il est probable que ce contrat a permis d’épuiser les crédits encore disponibles sur l’envellope budgétaire annuelle de Mme Le Pen ».

Mais plus troublant encore, le rapport constate des « anomalies » sur le second contrat (3 mois en 2011) de Thierry Légier, dont le salaire, de 7. 237 euros par mois pour un trois-quart temps, est « extrêmement elevé », pointe le rapport. Interrogée sur la raison d’une si haute rémunération, la présidente du FN s’est justifiée, arguant qu’elle aurait servi à régulariser en précédente collaboration, rapporte Marianne.

VIDEO – Marine Le Pen en pleine tourmente

Production de faux documents

Si la candidate avance avoir bénéficié de l’aval du Parlement européen, ce dernier assure n’en trouver « aucune trace » et d’affirmer aux auteurs du rapport qu’il « ne demande jamais à un député de produire de faux documents ou de fausses attestations pour couvrir des opérations ». Aussi, sur la base de cette enquête, le Parlement européen a demandé à Marine Le Pen le recouvrement de 41.554 euros.

La somme peut pourtant sembler dérisoire au regard de ce qu’attend Bruxelles pour l’emploi, soupçonné fictif, de Catherine Griset. L’assistante personnelle de Marine Le Pen depuis 1993 aurait, du 1er décembre 2010 au 15 février 2016, occupé le poste d’assistante accréditée à Bruxelles à temps plein. Ici encore, l’Olaf remet en question la véracité de ce travail et, sur ses recommandations, le Parlement a réclamé 298.392 euros à la candidate du Front national.

Douze heures en un an

Alors que les assistants accrédités de Bruxelles résident en Belgique, passent beaucoup de temps au coeur de l’institution et disposent, entre-autre, d’un numéro de téléphone belge, Catherine Griset aurait, selon le rapport, « résidé dans les environs de Paris » et n’aurait passé, en tout et pour tout que 12 heures au sein du parlement pour la période 2014-2015, calcule Marianne.

Des éléments lourds et un prix à payer conséquent, que Marine Le Pen balaie d’un revers de main : « c’est une vaste manipulation politique », a-t-elle lancée avant de reprendre sa campagne, en France cette fois.

Agathe Mercante

 

 

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